© Arielle Kling

Le Centre culturel de l’Épicentre, situé à Collonge-Bellerive, accueillait cette semaine le groupe américain dans le cadre du festival Antigel. Il a joué une exclusivité sur scène.


Ouvert en décembre 2000, le lieu a récemment fêté ses 25 ans et continue d’inscrire sa programmation dans une dynamique éclectique et ambitieuse. Dehors, le froid et la pluie s’acharnent sur ce mardi soir d’hiver. Dedans, pourtant, le public est venu nombreux, prêt à se laisser envelopper par la douceur sonore du groupe.

Six musiciens, une seule vibration

Whitney, formation composée de six musiciens, pourrait sembler imposante sur le papier. Mais en live, cette configuration prend tout son sens. Les différentes voix et instruments s’entrelacent avec une aisance remarquable, au point de parfois devenir presque indissociables.

On ne penserait pas confondre une trompette avec une guitare réverbérée au bottleneck légèrement twangy et pourtant, en concert, les textures se superposent et se fondent dans un même souffle. Chaque instrument apporte sa nuance, sa couleur, construisant un son riche, chaleureux et profondément soulful.

© Arielle Kling

Le groupe a interprété les titres de son dernier album, Small Talk, qu’il confiait jouer pour la quatrième fois seulement sur scène. Ils ont également offert au public européen la primeur de Damage, joué pour la première fois en Europe. Ce quatrième album, sorti en novembre dernier, marque une nouvelle étape dans leur parcours.

La genèse de Whitney

Whitney voit le jour en 2014, fruit de la collaboration entre deux colocataires, Julien Ehrlich et Max Kakacek. Après avoir quitté respectivement Unknown Mortal Orchestra et Smith Westerns, les deux musiciens se retrouvent autour de sessions d’écriture communes. Ehrlich, d’abord batteur, s’impose également comme voix principale du projet, apportant à Whitney cette signature vocale si singulière et immédiatement reconnaissable.

Le duo est ensuite rejoint par Josiah Marshall à la basse, Malcolm Brown aux claviers, Ziyad Asrar à la guitare et JJ Kirkpatrick à la trompette, complétant ainsi une formation qui donne toute son ampleur au son du groupe sur scène.

© Arielle Kling

Des touches jazzy, des accents country et folk, le tout porté par la voix légère et cristalline d’Ehrlich, créent une atmosphère douce et enveloppante. Les jeux de lumières, dans des tons chauds et tamisés, vacillent au rythme des morceaux et renforcent l’immersion. À l’extérieur, la pluie et le froid persistent. À l’intérieur, on se croirait transporté lors d’une soirée d’été paresseuse, baignée de chaleur et de mélancolie lumineuse.

Une ambiance intime et chaleureuse, suspendue hors du temps, à l’épicentre d’un moment de grâce.