© Maxime Sallin

Était-ce une hype? Un mirage? Aucunement. L’Américain a fait honneur mardi soir à ses racines du Midwest en déployant un jeu aussi doux qu’enivrant. Il aura en tous les cas électrisé le parterre de la salle genevoise. 



Chauffé par la prestation juste, sans grands éclats, de Lös Gatillos, le public de la mythique salle genevoise était curieux du phénomène venu du Mississippi. On retrouvait aussi une pléthore de fanatiques de la six cordes, instrument phare du soir.

Un immense talent à Genève!

Les solos ayant fusé toute la soirée, aucun doute que les ostéopathes vont recevoir les douleurs dorsales et les torticolis à force de s’extasier sur le doigté de Christone « Kingfish » Ingram (que l’on nommera que par son surnom désormais) et le talent des musiciens l’accompagnant: un pianiste, un batteur et un bassiste. C’est tout. Mais le quatuor sonnait comme mille. 

© Maxime Sallin

Car oui, les crânes ont subit la gravité, de haut en bas, de droite à gauche. Puis ce sont les corps et les bras qui ont daigné à prendre l’espace à leur disposition. Le pianiste, excellent au demeurant, était là pour chauffer cette salle encore tiède de la première partie.

Et il a commencé à prendre le pouls de ce qu’il vivait: admirer la présence de l’un des plus beaux talents guitaristes que la planète connaisse aujourd’hui. Et dire qu’il n’a qu’un quart de siècle, avec un premier album éponyme paru en 2019 seulement…

Comment réinventer le blues…

Sans regarder son manche, Kingfish est comme un poisson dans l’eau quand il s’agit de jouer. Le prodige natif de sait passer du blues, la soul et le rock sans que cela paraisse « cliché ». Car les structures mélodiques peuvent être traitres en parlant du premier nommé : elles semble figées dans le temps, sans réelle surprise ni anticipation qui n’évoluent pas… 

© Maxime Sallin

Or, le natif Clarksdale, qui tisse un lien familial avec le musicien country Charly Pride, provoque son public avec une mixité de sonorités. Elle fait sa patte et rappelle autant Buddy Guy que BB King, sans avoir non loin Jimi Hendrix qui veille au grain. Rien que cela.

Et ce n’est pas exagéré, au regard des applaudissements nourris et de la qualité de la prestation offerte ce mardi. Un immanquable du festival, qui restera dans les mémoires. 

Il suffira de se souvenir de ce moment où, discrètement, le jeune homme a rejoint le centre du parterre. Au milieu de la foule, il aura joué et joué… et encore joué. Sans relâche, il aura donné un plaisir incommensurable aux premiers rangs admirant son jeu au doigt d’une précision rare. 

Oh que oui, on s’en souviendra. 

© Maxime Sallin

D’autres photos du concert par Maxime Sallin