
Parmi les têtes d’affiches du festival Antigel, la formation américaine concluait sa tournée européenne avec une ultime date à l’Alhambra. Et quel magnifique écrin pour faire resplendir leurs compositions envoûtantes.
Jeune « vieux » groupe, Midlake existe depuis 25 ans. C’est avec leur premier EP Milkmade Grand Army que les gars de Denton, Texas, se font une incursion dans l’univers indie rock. Aujourd’hui, après sept albums, il se place parmi les références du genre. Et avec le temps, le groupe a parfaitement su jouer avec les frontières du folk, de l’americana, du psychédélique ou du progressif. Tout y passe… et avec une certaine maîtrise sonore dû à des compositions bien menées.
Un public attentif
Les six musiciens, émoussés pour cette dernière soirée derrière leurs instruments (avant un retour aux États-Unis), jouissent d’une certaine réputation. Ils restent toujours appréciés du Vieux-Continent, en témoigne une Alhambra proche d’être sold-out dans son format assis. Et parlant de public, l’écoute fut splendide, pleine de respect et d’admiration, bien que la configuration aura donné une ambiance plus contemplative qu’énergique.

Ce n’est d’ailleurs que pour les deux derniers titres que le public s’est levé comme un seul être. Le solo lâché par le batteur McKenzie Smith sur le rappel de The Old and the Young, laissait parler sa technique pendant plusieurs minutes d’intensité rare.
Plus tôt, c’était à Joey McClellan, sur sa Fender, de faire rugir les cordes et les fervents six cent spectateurs sur Head Home. Dans la soirée, en première partie, le guitariste aura aussi fait découvrir son nouveau groupe basé à Nashville, The Bretheren. Avec un album prévu l’été prochain, le projet semble fort prometteur avec des compositions rappelant à la fois Tom Petty, The War on Drugs ou Half Moon Run.

Des ponts se créent
Amputé de son ex-leader Tim Smith, période 2001-2012, Midlake ne se remet que rarement aux titres de ce répertoire très fourni musicalement et vocalement. Par bribes, le rock progressif marquant davantage cette phase inaugurale du groupe est joué avec notamment la prenante Roscoe ou l’exigeante Young Bride. Évidemment, cela fait plaisir aux fans, mais de l’eau a désormais coulé sous les ponts… des ponts qui mènent vers un rock plus contemplatif, simplistes pour certains ou épurés pour d’autres.
La flûte traversière du claviériste Jesse Chandler reste un atout majeur, s’incrustant dès que possible dans les méandres de riche setlist de quinze morceaux, dont certains issus du dernier album A Bridge To Far avec Days Gone By, la magnifique A Bridge To Far ainsi que la captivante et rythmique The Ghouls.

Et oui, des ponts se créent, malgré les cassures. Par le passé, des ruptures de groupes ont façonné des guerres d’avis tranchés chez les fans.
De Peter Gabriel à Phil Collins chez Genesis? De Bon Scott à Brian Johnson chez AC/DC ? De Syd Barrett à David Gilmour chez Pink Floyd ? En fin de compte, la musique gagne toujours et Midlake fait partie de cette veine.








