© Miles Kane

Dans la tristesse d’un milieu de semaine, l’Anglais est venu égayer le quartier de Sévelin mardi dernier de sa patte magique : une énergie captivante… et surtout efficace. Trop ?


Celui qui s’est fait largement connaître par l’enthousiaste hit Come Closer (2011), n’était pas à son premier coup d’essai dans la capitale olympique. En forme et motivé de présenter son récent album Sunlight in the Shadows, sorti en octobre dernier, l’ex-membre de The Last Shadow Puppets a offert une heure pile de concert sans fioritures. En ouverture, Basht. a dévoilé un beau potentiel, avec une patte irlandaise rappelant fortement Fontaines D.C.

Un peu court donc, mais dernière la recette magique de Kane se révèlent au travers des compositions toujours aussi attractives, magnifiées par une voix reconnaissable parmi les plus incisives du Royaume-Uni. Car dans son super groupe formé aux côtés d’Alex Turner (Arctic Monkeys), il a jouait sur des émotions diverses. En solo, il a vernis cela pour rendre l’effort vocal perceptible aux yeux de tous. Cela en vaut le détour, depuis quinze ans maintenant.

Un public peu énergique

Pour tenter de secouer le public des Docks, le natif du comté de Merseyside s’avance sur scène, polo rouge sur les épaules, accompagné d’une batteuse, d’un bassiste et de deux guitaristes. L’ambiance est feutrée, marquée par un drap rouge au fond et le thème léopard cher à la direction artistique prise par l’artiste qui tapisse notamment la batterie.

Il lance les hostilités avec un combo grand écart entre le récent album, avec le titre Electric Flowers, et le premier, avec Rearrange. La nostalgie s’empare de la salle quand survient le refrain lancinant « Let it out, let it out, let it all out; You rearrange my mind ».

Le public y prend goût, tel un bonbon bien sucré savouré au petit matin d’une nuit de folie. Toutefois, ce soir-là dans la salle lausannoise, l’ambiance reste – et restera – pas aussi électrique que le dit le morceau d’ouverture. Le public paraît globalement endormi, tel une fleur séchée sur un balcon. Malgré des applaudissement nourris à chaque fin de morceau, il n’arrivera pas à embarquer dans le wagon à 200 km/h proposé par Miles Kane.

On sent d’ailleurs le singer-songwriter peu enclin à se démener pour son public, qu’il retrouve pourtant treize ans plus tard dans ce bel écrin de Lausanne.

Des moments forts, et une énergie décroissante

Bien que ses morceaux soient exécutés avec minutie, on ressent l’impression de vouloir les expédier au plus vite, d’accélérer certains rythmes. Pour partir plus vite de scène ? Probablement pas, mais c’est un ressenti. On est bien loin de l’ambiance électrique d’un festival…

Ce ne sont que suppositions mais plus la soirée avance, moins l’énergie est présente. Ou elle est bâclée dès la reprise de Lust for Life de Iggy Pop, à vingt minutes de la fin. Car avant cela, il y eux des moments forts avec Inhaler ou Sunlight in the Shadows, leurs riffs rappelant ce rock insolant des années 2010. Il y eut aussi ces moments touchants comme l’enchaînement de My Love, avec de magnifiques harmonies vocales, et Walk on the Ocean, où le solo magnifie une composition progressive et haletante.

Le concert de dix-huit titres, sans rappel, se terminera dans une puissance modérée avec notamment Coup de grace, Don’t Forget Who You Are et Come Closer. Dommage, le public ne s’est pas rapproché de Miles Kane. Et lui non plus. Le sabayon n’aura pas pris à côté du quartier de Sébeillon…