© Victor Perrin

Quand Romano Bianchi dégaine le stylo, il le fait habilement et invite au voyage à travers une musique mêlant des sonorités scintillantes à une écriture épurée. Programmé samedi 2 juillet sur la Super Bock Stage du Montreux Jazz Festival 2022, le Genevois s’affranchit de ses groupes Magic & Naked, Rebels of Tijuana et La Cabane de Baldwin pour présenter son projet solo. Interview fleuve avec un passionné de vélo qui gravit aussi vite les échelons qu’un cycliste sur une étape de montagne au Tour de France !



Amateur de la petite reine, Romano Bianchi (Romain Deshusses de son vrai nom) ne s’est pas installé sur un vélo pour rejoindre la Riviera depuis son canton d’origine. Cela lui donne l’avantage d’arriver lumineusement au Fairmount Montreux Palace, l’un des principaux QG du Montreux Jazz Festival (MJF). Habillé élégamment et chaussé de santiags beiges, le Genevois s’installe dans un magnifique fauteuil pour discuter longuement de son projet, de son premier album « Fringale » mais aussi de ses passions. Il est d’ailleurs à quelques heures d’un concert qui lui rappelle des souvenirs, ayant joué avec son groupe Magic & Naked, désormais en « en pause ». 

Au micro, l’aisance est de mise. La tête sur les épaules et les idées claires, c’est une immersion dans le processus créatif de l’artiste qui est offert, avec notamment l’évocation du pedal-steel qui offre une nouvelle touche country. Auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste, Romano Bianchi revient même sur son besoin de s’affranchir d’un passé autant enrichissant que frustrant avec ses groupes, là où l’expression musicale est parfois contenue dans une langue anglaise qui ne lui correspond plus. Il évoque aussi son lien fort crée avec Kacimi, pour qui il joue de la batterie, et dont le dénominateur commun est une évidence : la recherche du bon verbe, du beau mot.