
Retour sur une soirée où l’Alhambra s’est enflammée pour la pop montante de Zélie, Saint Graal et Luiza. Trois univers différents, mais une même volonté de dire le monde avec le cœur.
Trois artistes, trois découvertes, et un constat qui fait du bien : la scène francophone actuelle ne s’embarrasse plus de filtres. Sous la diversité des genres, de l’électro-pop au baile-funk, se dessine une vulnérabilité omniprésente. Les artistes racontent leur expérience à vif, sans fard, mais avec des rythmes qui entrainent le public à leurs côtés.

Le coup de cœur de la soirée : Zélie
Elle est la première à fouler la scène, investie de la mission délicate de « chauffer » la salle. Pari réussi en quelques accords. Zélie, c’est une présence scénique impressionnante, une artiste qui habite chaque note avec intensité. Sa voix, tantôt soufflée dans un murmure intime, tantôt d’une clarté cristalline, s’envole. Elle porte une œuvre d’une honnêteté désarmante, qui touche directement dans le coeur.
Celle qui a monté son propre label livre une pop auto-proclamée qui oscille entre instrumentations électro nerveuses et piano-voix suspendus. Zélie livre un show ultra-travaillé qu’elle entrecoupe de danse contemporaine, en restant très franche et drôle avec son audience. Le public est très réceptif et communique beaucoup avec elle.

Elle présente les morceaux de son dernier album, sorti en février dernier, qui se parcourt comme un journal intime. Elle y explore ses expériences, ses amours à sens unique, le divorce de ses parents, les ruptures, ou encore le passage de son frère à l’hôpital. Avec une autodérision salvatrice ou une ironie mordante, elle aborde aussi les violences sexistes et sexuelles, notamment avec les titres je suis une femme, véritable hymne féministe en puissance et Ce corps, qui résonne dans la salle avec beaucoup d’émotions. Une artiste à suivre.

Luiza : la chaleur dans la voix
Le ton change, la température grimpe. Avec Luiza, c’est le Brésil qui s’invite à la fête. Connue pour son titre Soleil bleu qui a inondé les réseaux sociaux il y a un an, elle déploie un show tout public avec une énergie solaire.
Cumbia ensoleillée sur « Demain demain », rythmiques baile-funk sur « Oxalá », ou R&B tropical avec « Tous les jours », Luiza fait voyager le public sans quitter la grande salle de l’Alhambra. Accompagnée d’une trompette et d’un saxophone qui dansent à ses côtés, elle irradie une joie de vivre contagieuse. Le public s’en donne à cœur joie.
Le moment fort ? Elle invite les femmes de la salle à la rejoindre : ni une ni deux, elles sont une bonne cinquantaine à monter danser. Un moment de partage et de générosité qui transforme le concert en grande fête. Et pour celles et ceux qui l’auraient ratée, vous pourrez la retrouver au Paléo cette année (dimanche 26 juillet 2026).

St Graal : un trésor pour la fin
Pour clore cette soirée, St Graal s’avance seul en scène. Malgré une bronchite carabinée, l’artiste n’a rien perdu de sa superbe ni de son énergie communicative, qu’on avait découverte au Jval en 2024 (article à retrouver ici). Celui dont le nom est un clin d’œil aux Monty Python a su retourner la salle, allant jusqu’à faire pivoter le public pour saluer les ingénieurs son et lumière dans un bel élan de gratitude.
Seul avec sa guitare et ses machines, il déploie une pop mêlée d’électro, où chaque texte poétique devient un hymne. On retient particulièrement Arnica, une chanson d’une sensibilité extrême, qui nous arrache des larmes. Pourtant, pas le temps de rester sur son émotion, cela repart très fort avec des gros bpm. Et la fête continue. Joyeuse, ensemble et belle.
St Graal aussi sera de passage sur la plain de l’Asse, rendez-vous mercredi 22 juillet prochain !
Trois visages de la pop francophone qui, chacun à leur manière, ont prouvé que la scène 2026 appartient à ceux qui osent la sincérité. Entre la justesse organique de Zélie, la transe brésilienne de Luiza et le romantisme électronique de St Graal, le rendez-vous est pris pour les festivals de l’été.
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