© Festival Château Sonic

Il existe des festivals champêtres, des festivals citadins et puis il y a Château Sonic. Pour son 10e anniversaire, cet événement organisé par une grande bande de copains invite à franchir les douves du château le plus « hot » de Haute-Savoie : le château d’Avully, à Brenthonne.


Entre le 7 et le 9 août, trois scènes prennent place dans la cour de cette forteresse médiévale pour un week-end hors du temps – le tout sans obligation de porter une cotte de mailles, ce qui n’est pas plus mal au vu des températures caniculaires. Au niveau programmation, la crème d’artistes ou groupes émergents avec notamment Ameeka, Big Wett, Casablanca Drivers, Gianni, Joa Wallas, Laze, Meule, Micro Onde, Monika, Nevadi, NONANTE, Pura Pura, Rejane, Roshâni, Simon de Sion, Tessina et bien plus encore.

Un parcours à vélo pour atteindre le château

Pour savourer pleinement l’expérience et se mettre en jambes avant les premiers concerts, un convoi de vélos est organisé au départ d’Annemasse. En musique, évidemment. Une belle façon de « faire chauffer les mollets plutôt que la planète ». Après 21 kilomètres de pédalage de l’autre côté de la frontière suisse, l’arrivée sur le site du festival est célébrée à l’instar de celle de Pogačar quelques jours plus tôt sur les Champs-Élysées.

© Anne Machuron

Il ne reste alors plus qu’à dresser sa tente et planter ses sardines, ou à faire planer son hamac dans l’espace camping, avant de se laisser porter pendant un, deux ou trois jours par une programmation qui mélange musiques émergentes rock, électro, punk, ponctuée d’ateliers et d’animations… le tout dans une ambiance festive, conviviale et alternative.

Chaque détail participe à la magie du Sonic

Accueillis par une des équipes de bénéloves aussi souriante qu’investie, le public se sent immédiatement à l’aise pour aller s’approprier ce lieu singulier si accueillant. Rien n’est laissé au hasard : des espaces de vie à la scénographie, chaque détail participe à la magie du festival – qui aurait cru qu’on allait danser sous un mapping inspiré de l’Homme de Vitruve ?

Les trois scènes, aussi différentes que complémentaires, permettent à chacun de trouver la bande-son de son week-end et de multiplier les découvertes musicales. Entre deux concerts, les gens se retrouvent autour des foodtrucks (mention spéciale pour le kebab iranien – un régal !) pour refaire le monde. La fontaine hors service du château s’improvise en point de ralliement idéal pour débriefer des concerts, rencontrer de nouvelles têtes ou simplement profiter de l’instant.

© Festival Château Sonic

Avec un peu de chance, il est possible aussi de passer à côté du téléphone placé dans la cour du château et recevoir un appel d’un mystérieux inconnu en provenance d’un deuxième appareil situé à quelques encablures du premier. Cette hotline sonne comme une véritable invitation à la rencontre. Et d’ailleurs, la Muraille de Son appelle ce premier soir ! Impossible de résister à l’arrivée des Casablanca Drivers. « On arrive » !

Deux groupes fascinants pour ouvrir le weekend

Le groupe corse embarque immédiatement le public dans son univers mêlant garage rock et post-punk aux influences britanniques comme new-yorkaises. Les vibes par moments trip-hop restent festives, les refrains sont entêtants et les loops hyper-répétitives sont pensées aussi bien pour des concerts survoltés que pour des nuits de clubbing !

Ça semble partir dans tous les sens mais le cocktail est d’une redoutable cohérence… Et le dancefloor adore ça ! Une performance qui donne immédiatement envie de repartir avec leur dernier album « Protocol », produit par Nit (qui a travaillé notamment de Sébastien Tellier et Cola Boy).

© Anne Machuron

À peine le temps de reprendre son souffle que la Muraille de Son accueille NONANTE. Le quatuor lausannois semble surgir d’une autre époque, tout en restant étonnamment contemporain. Porté par des influences new wave et une énergie post-punk contagieuse, le groupe captive dès les premiers doigts posés sur le synthé.

Son chanteur, totalement habité, occupe la scène avec une intensité rare. Alternant le français, l’anglais et l’allemand, il porte les textes de leur nouvel album « Monate » qui évoluent sur des paysages sonores à la frontière de la cold wave, du rock psychédélique, du garage et de la techno. Cette énergie festive – chargée d’une pointe de nostalgie – donne envie de prolonger la fête jusqu’au matin.

© Anne Machuron

Et puisque la nuit est loin d’être terminée, Stargurl prend les commandes. Son set enchaîne trance, eurodance et hard bounce avec une efficacité redoutable. Très vite, le dancefloor s’embrase et les mollets, déjà bien échauffés par le trajet à vélo, trouvent un second souffle. Vient le moment de redescendre doucement de ce week-end super-Sonic. Après cette courte escale suspendue entre musique et rencontres, c’est l’heure de quitter le château pour rejoindre les belles terres haut-savoyardes… ou helvètes pour les plus téméraires.

Vous l’aurez compris : cette dixième édition de Château Sonic a conquis son monde. Vivement l’année prochaine !

* Article rédigé par Anne Machuron

© Festival Château Sonic