The Spitters © Maelie Bourgeois – Croc’ The Rock

Le festival rock indoor d’Étagnières, qui fête sa quinzième édition en 2026, a proposé en début de weekend une affiche éclectique et particulièrement riche. Des groupes aux univers bien distincts se sont succédé sur scène, pour une soirée qui a parfaitement fonctionné.


Quatre groupes, quatre univers : voilà une soirée éclectique comme on les aime, où l’on ne voit pas le temps passer. On ne peut que saluer la qualité de la programmation du Croc The Rock, qui ne faillit pas d’une édition à l’autre. Le public y a notamment découvert de nombreuses pépites, qui ont ensuite gagné en popularité comme Chalk ou Gurriers.

The Spitters, un garage punk énergique pour ouvrir la soirée

Le quatuor originaire de Toulon a défendu son garage punk avec énergie et offert une première partie convaincante, qui a donné le ton de la soirée. Dès les premières notes, le groupe impose son rythme et son intensité.

Avec deux guitares, une basse et une batterie, The Spitters mise sur une formule efficace. Le groupe prend aussi le temps de développer ses compositions instrumentalement, comme sur un de leurs morceaux, qui était sans voix, et montant progressivement en puissances, s’est révélé particulièrement intéressant.

On apprécie notamment Speed : avec sa brièveté, le morceau sort du lot par son originalité. Les quatre musiciens maîtrisent leur sujet, mais pourraient encore gagner en intensité en poussant davantage leur approche vers un son plus puissant, particulièrement convaincant. 

© Titouan Massé – Croc’ The Rock

System Exclusive, entre synth-punk et cold wave

Le duo californien originaire de San Francisco propose un univers à la croisée du synth-punk, de la cold wave et du post-punk. Les synthés occupent une grande place dans leur musique et façonnent une atmosphère singulière.

Sur scène, l’énergie est au rendez-vous. Le public se laisse emporter, le batteur est à fond et la chanteuse/guitariste est tout aussi convaincante. Hier était également la date de sortie de leur dernier album, Don’t Stop Now. Ce concert était un rendez-vous d’autant plus particulier. 

À noter aussi que la chanteuse était la seule femme à se produire sur scène durant cette soirée, un constat qui interroge sur la représentation des femmes dans les programmations rock.

chest., le post-punk sans concession

Les Parisien·nes de chest. ont démontré une maîtrise parfaite des codes du post-punk britannique, et ont tout donné sur scène. Avec des sonorités qui rappellent Chalk, Boko Yout ou encore Deadletter, le groupe déploie une musique intense, portée par une présence scénique affirmée.

Le quintette a également joué deux nouveaux morceaux, encore jamais interprétés en live. Dans la foule, les pogos se sont joyeusement multipliés, tandis que les échanges entre le groupe et le public ont contribué à l’intensité du concert. Une prestation qui ne s’est pas contentée de faire monter la pression : elle a aussi su créer une véritable connexion avec la salle.

© Titouan Massé – Croc’ The Rock

YARD, une déferlante de noise rock

Gros coup de cœur de la soirée ! Les Irlandais ont proposé un mélange particulièrement réussi de techno, de post-punk et de noise rock. Leurs sonorités immersives ont rapidement emporté la foule, qui dansait à fond. La performance était intense, presque hypnotique, et on aurait volontiers prolongé le concert.

Cette déferlante sonore n’a pas empêché le chanteur à partager son enthousiasme avec le public. Visiblement heureux de jouer au festival et de retrouver la Suisse après leur dernière venue en 2024, il a apporté une touche de chaleur à une performance pourtant abrasive.

YARD possède un univers singulier, difficile à comparer à celui d’autres groupes. Une véritable découverte, et le moment le plus marquant de la soirée.

Cette année encore, le festival a su miser sur des groupes à suivre, avec en prime plusieurs exclusivités suisses. Une belle démonstration de ce qui fait la force du Croc The Rock : défricher la scène rock actuelle, mais toujours dans une ambiance légère et bon enfant.