Dans un silence religieux, le public d’Antigel s’est laissé envoûter jeudi soir par les balades mélancoliques du songwriter anglais.


Accompagné de trois musiciens, l’artiste a assuré un show minimaliste, tout en délicatesse grâce à son timbre de voix inimitable. Véritable conteur des temps modernes, Charlie Cunningham a proposé une indie-folk d’une grande sensibilité teintée de nostalgie, comme un filtre sépia sur une photo.

Des sonorités aux horizons différents 

Le silence régnait dans la salle, comme si l’audience retenait son souffle pour ne pas troubler l’artiste dans l’interprétation de ses morceaux intimes, inspirés de petites choses du quotidien, mais aussi de doutes et de regrets. 

© Natacha Vallette d’Osia

L’artiste passe de la guitare au piano tout au long du concert avec une grande dextérité. Si des influences jazz propices à l’introspection sont présentes, notamment sur les morceaux de son dernier album Frame, les rythmes chauds du flamenco réchauffent l’atmosphère à la fin du concert. Ce n’est pas étonnant, Charlie Cunningham a vécu à Seville et cela s’entend !

Le concert se termine par un rappel et une interprétation de You Sigh énergique, qui a sorti le public   de sa transe. Une performance riche en émotions !

Une première partie assurée par Quinquis

Quinquis est une artiste de Bretagne qui explore la mythologie de sa région, son histoire mais aussi sa propre identité. Entre voix enchanteresse et rythmique électronique planante, elle nous livre ses morceaux entièrement en breton, dans cette langue impénétrable mais qui s’adresse directement à l’âme.

Les thèmes abordés sont lourds: des marins perdus en mer ou encore de l’Ankou – un serviteur de la mort dans la tradition bretonne. Ils sont néanmoins contrebalancés par une voix douce et soufflée, source de lumière au milieu d’éléments déchaînés. A voir pour celles et ceux qui souhaitent s’abandonner dans la mélancolie !

© Natacha Vallette d’Osia