
Le festival nyonnais propose cette année une programmation orientée vers les pays nordiques, où l’Islande, la Finlande ou encore Norvège sont à l’honneur. Retour sur trois concerts qui ont façonné la soirée de mercredi.
Événement dans l’événement, le Village du Monde place pour chaque édition un petit poinçon sur la carte du monde. Québec, Maghreb, Balkans ? Ces dernières années, de magnifiques projets provenant de ces régions du globe ont enthousiasmé les festivaliers et festivalières.
C’est toute une ambiance qui est d’ailleurs retranscrite au nord du site de la Plaine de l’Asse, qui rappelle les immenses sapins ou les quais marins où s’installent des cabanes de pêcheurs. Tout est fait de bois, de sorte à rappeler l’une des ressources premières de ces régions reculées du globe. Un étang a même été installé avec, la nuit tombée, des effets de lumière rappelant les aurores boréales.
Mais plus tôt dans la journée, en ouverture, il fallait avoir le cœur bien accroché pour assister au concert de Witch Club Satan. Déjà présent pour la soirée de mardi, le groupe norvégien de black métal contrastait avec l’ambiance apaisée du Village du Monde : entre une direction artistique sanglante et une musique vibrante, marquée par des voix incantatrices, les effets visuels et musicaux étaient époustouflants. S’il est évidemment pertinent de forger la jeunesse à différents genres musicaux, peut-être que l’horaire en début de soirée était peu adapté pour les familles.

Asgeir, la voix de la sagesse
L’Islandais aurait pu se retrouver sur la scène Véga, tant sa carrière parle pour lui. Pourtant, c’est bien le chaleureux Dôme, où son et lumières sont toujours exquis, qu’il a posé son micro et sa guitare. Avec lui, un batteur et un bassiste pour former un trio d’une efficacité remarquable. Dès les premières notes, tout sonne juste. Il y a autant, sur l’Epiphone du chanteur, la subtilité du palm mute (un effet étouffé sur les cordes) que la rondeur du bassiste sur sa Fender. La « Terre de Feu et de Glace » est son foyer, mais Ásgeir façonne un nouvel espace hors temps durant son concert : celui de l’évasion et de la sincérité.
Il y a, souvent, ces accords qui réchauffent le cœur. Ils sont présents sur plus de dix années de carrière, ponctuée dernièrement par la parution du sensible album Julia. Certaines pièces, chantées en anglais, y seront jouées. D’autres, dans sa langue natale, rappellent sa jeune histoire sur scène. Il y a, toujours, cette voix angélique qui repose sur des mélodies marquantes. Asgeir est un esthète, qui se place dans la lignée des artistes folk contemporains.

Plus tard, l’expérience du Dôme sera décuplée par la présence de l’artiste et ses deux musiciens dans le bar L’Escale. À même le sol, dans un décor particulier entre casseroles et spatules, il offrira au même moment que le début du concert de The Cure sur la Grande Scène une expérience bien différente : un petit comité, une proximité sans égale pour un artiste qui dira que « c’est la première fois qu’il joue dans une cuisine ».
Eivør fait sensation
Il est 22h quand entre sur scène Eivør, venue tout droit des Iles Féroé. Des gens stagnent encore à l’extérieur du Dôme, boulettes de viandes ou sandwich au saumon à la main. Une grande silhouette blonde, avec des longues nattes tressées, s’avance sur scène. Derrière elle, trois musiciens l’accompagnent. Il est désormais 22h05 et la « salle » s’est remplie. Devant elle, un mini-phénomène avec une voix si puissante qu’elle pourrait briser les boulons retenant la structure du chapiteau. La musique proposée est un cri du cœur, qui passe de la douceur à l’explosion.
Quelques fans s’immiscent au cœur de la foule curieuse, supposant des inconditionnels de la série The Last Kingdom ou du jeu God of War dont elle a participé à la bande sonore. À un moment, elle sort un tambour plat traditionnel, dont les frappes se mêlent à sa voix pour ne faire qu’un. Derrière, son batteur exécute des rythmes simples, mais incisifs puisque les toms sont martelés au point de croire à l’effondrement du monde.

Mais ce Village du Monde est justement bien vivant. Il perdure encore jusqu’au dimanche 26 juillet avec des artistes ou groupes à ne pas manquer : Hindarfjäll pour rester dans l’univers dark metal ou Steve ‘n’ Seagulls pour son aspect humoristique (jeudi 23 juillet), Katarina Barruk pour une évasion et Eihwar pour une electro-folk particulière (vendredi 24 juillet), Tarrak pour du rap engagé et Teksti-TV 666 pour un indie rock suvolté (samedi 25 juillet) et Tuuletar pour des voix uniques (dimanche 26 juillet).






