
Parmi les têtes d’affiches du festival, Mogwai n’a pas déçu tandis que Panic Shack a fait remuer les corps! En ouverture puis clôture de ce vendredi, la Suisse était aussi à l’honneur avec deux groupes prometteurs.
La pluie et l’orage étaient annoncés il y a quelques jours pour former, à eux deux, un « concert » mémorable (ou presque). Il n’en était rien le jour J, Météo Suisse faillant dans ses prédictions. « Heureusement » diraient les festivaliers et festivalières, car un magnifique coucher de soleil a surplombé la rive du Lac Léman, avant qu’une pleine lune vienne embellir le cadre du Jardin Roussy.
Mogwai, le parquet surprises
Ce n’est évidemment pas la première fois que le groupe écossais se déplace en Suisse pour performer. Il était déjà venu – par exemple – lors de l’édition 2022 du Festival Antigel, au Lignon à Vernier (Genève), dans un contexte particulier : le dernier jour de la pandémie, où les restrictions sanitaires allaient tomber dès le lendemain. Autant dire que personne dans la foule n’avait respecté les ultimes consignes d’Alain Berset.
À La Tour-de-Peilz, le contexte est tout autre : c’est la fin de l’été, certains gardent les shorts et surtout aucun masque n’est visible… seulement des sourires! Il y avait de quoi réjouir les fans du quintet, qui a fait exploser les décibels par leur post-rock fantasmagorique. C’est une peinture qui se dresse, puisque le premier coup de pinceau ne souligne pas la suite exacte du morceau.

Difficile à exprimer un avis pleinement négatif à la vue de ce groupe aux X années de carrière. Leur set est construit sur une famélique part vocale, ce qui permet de mettre en valeur l’instrumentation caractéristique de Mogwai : une évolution constante, et surtoutndes soubresauts. Jamais un concert du groupe n’est un fleuve tranquille, car quand s’imagine un moment de répit, les distorsions reprennent aux côtés des lourdes cymbales de Martin Bulloch et des puissantes basses de Dominic Aitchison.
C’est un tout, une vague qui traverse un public qui prend de plein fouet cette masse sonore comme un instant expérimental difficile à trouver ailleurs. C’est le son « Mogwai », c’est ce qui fait que le parterre affiche complet ce soir. Et si quelques uns avaient besoin de reposer le tympan plus loin, aux stands de merchandising ou de vinyles, les autres ont simplement profité du moment. Surtout quand la clôture enchaîne sur Richie Sacramento, puis We’re No Here. Délicieux.
« No panic » à bord avec Panic Shack
Tout en maîtrise, le quatuor londonien (et leur batteur en support) a donné le tournis aux milliers de personnes présentes devant l’unique scène du festival. Avant Mogwai, dans un tout autre style, Panic Shack a déployé un post-punk des plus énergiques. Il y avait une satisfaction manifeste à voir ces quatre femmes prendre la scène comme peu le font : avec folie.
Entre chorégraphies exagérées, solos enflammés et revendications assumées (« Free Palestine », notamment), Panic Shack s’inscrit pleinement dans la veine du mouvement grandissant du « More Women On Stage » avec l’assurance de tous les instants. On imagine très vite The Beaches, Wet Leg, Last Dinner Party, ou encore Los Bitchos à leurs débuts.

Leur punk-rock, ne fait pas de courbettes : il va droit au but. Les compositions sont simples, efficaces, parfois trop similaires entre elles. Mais derrière, l’énergie et la présence scénique des quatre musiciennes, particulièrement la chanteuse XYZ, efface cette perception. Le public n’est pas là pour une analyse sonore fine, il prend l’expérience en plein visage, de sorte à s’enthousiasmer sur l’authenticité du moment et applaudir chaudement le groupe dès qu’il sortira de scène. Pari réussi pour un groupe dont l’évolution prochaine sera à suivre de près.
Des groupes suisses dans la lumière
Pour ouvrir la soirée, c’est le groupe local AM:PM qui a placé le métal sur la scène principale, un genre si rare dans la programmation de la Nox Orae. Malgré la puissance de leur son, qui pourrait en rebuter certains, la formation veveysanne a tenu son os et interagit très vite avec le public pour le capter. Mission réussie, puisque progressivement le parterre s’est rempli pour placer le public du festival dans des conditions de quasi-transe. Moshpit et mouvements de tête, les gens se sont pris au jeu. Et pour l’anecdote, le chanteur Nicolas soulignait le plaisir d’enfin jouer à la Nox Orae, après avoir été de l’autre côté de la barrière en tant que bénévole-stagiaire. Le festival a eu l’audace de faire découvrir un autre style de rock, et bien lui en a pris.
Plus tard dans la soirée, en clôture de la scène principale, c’est Chaufau qui a montré, avec son rock psychédélique contagieux, que la musique suisse n’est pas en reste. À travers leur plaisant premier album C’est nos vis (joli jeu de mots), le groupe joue entre l’explosivité des confrères Fomies et la singularité de King Gizzard and the Lizard Wizard. La scène helvétique a de beaux talents (locaux) qui méritent de monter sur des grandes scènes. Et quand la programmation de la Nox Orae inscrit le nom du groupe lausannois dans la lignée de Mogwai, c’est qu’elle a du flair.
Le Festival Nox Orae se termine ce samedi avec la présence notable de Wilco. Toutes les infos à retrouver sur le site officiel.






