© Victor Perrin

Après un vendredi de retrouvailles, Piz Palü a passé la seconde. Samedi, le festival n’a pas fait dans la dentelle. On sentait que la programmation avait été construite comme un terrain faisant la part belle aux expérimentations.


Entre le surf rock funky 70 s de Yalisco, darkwave de Vanishing Twin, le rock 80-90s esprit Cocteau Twins d’Happy Triste, le jazz déroutant et festif Tatum Rush Jazzarello Band, la vision dansante électro de Nonante, le Post-Punk saccadé de Ditz agrémenté par des Dj set posant l’ambiance de The Young MC et Orphia X Laxxiste. Le festival a fait gravir son public à près de 3’899 mètres au sommet de la butte de Plan-Les-Ouates.

Happy Triste, notre coup de cœur

Au milieu de cette mosaïque sonore, Happy Triste a été le moment de bascule. Notre coup de cœur. Leur set avait cette dualité étrange, lumineuse, mais traversée d’une mélancolie douce qui a immédiatement capté l’attention. Une vibe années 90s dont la voix rappelle fortement Elizabeth Fraser de Cocteau Twins (dont une reprise sera jouée), froide, mais chaleureuse dans son intention, avec une guitare qui évoquait les premiers albums The Cure. Le tout porté par une basse cristalline à souhait et une section rythmique aux petits oignons. Ici la présence scénique ne trichait pas. Le public ne dansait pas encore, mais il vibrait.

© Kenza Wadimoff pour Festival Piz Palü

Dans un esprit plus expérimental, Vanishing Twin a traversé la soirée avec des boucles étranges, des synthés, des xylophones oscillant avec des introductions lugubres basculant soudainement en rythmes lancinants. Une esthétique froide, parfois sadcore, mais toujours portée par une basse lourde et répétitive qui donnait à l’ensemble une colonne vertébrale trip-hop. 

Nonante : la danse en mode années huitante

Après une partie de soirée douce et sombre est arrivée la déferlante fribourgeoise. Nonante a immédiatement brisé la tension accumulée. Plus pop, plus direct, plus lumineux. Une énergie presque insolente. Mais c’est précisément ce qui a fait mouche.

Les Fribourgeois ont tout fait : faire aboyer le public, sauter dans la foule, transformer la petite scène en dancefloor, chanté en anglais, français et conclu en allemand. Indéfinissable, mais plus tiré vers les années huitante que nonante, c’était le moment où Piz Palü est passé de l’apéro à la fête.

© Kenza Wadimoff pour Festival Piz Palü

Ditz : la gifle anglaise

Ditza pris le relais sans transition. Intro lugubre, ambiance poisseuse, puis d’un coup le duo basse/batterie. Danse immédiate. Une esthétique post-punk rodée, une basse lourde, une batterie en contretemps qui martèle. Le groupe sait ce qu’il vaut et le fait bien comprendre. Le mot d’ordre, bouger, danser, pogoter. Se concluant après un set de 55 minutes, pas une de plus, comme un coup de poing parfaitement chronométré.

© Kenza Wadimoff pour Festival Piz Palü

Une soirée qui a gagné par KO. Samedi, Piz Palü a prouvé qu’il savait construire une soirée comme une montée d’adrénaline. On commence froid, on chauffe lentement, on explose à la fin. Et au centre, la pépite Happy Triste qui a donné le cœur avant que Nonante et Ditz ne donnent les jambes.