
Pour sa dernière soirée, le festival a misé sur une soirée plus calme et folk que les précédentes sans pourtant brimer le style alternatif qui fait sa force. Le new grunge de Glaascats et le bruitiste stoner de Wolfer ont démontré que la Suisse n’est pas en reste sur la scène actuelle. Les très attendus Wilco et les plus que prometteurs Dog Race ont de leur côté mis le public au pas.
Dans le cadre idyllique du jardin Roussy, le Nox a apporté quelques modifications à son agencement. Présence d’une seule scène, bars plus petits dont le dôme remplacé par un bar tunnel, mais mieux organisé, moins de restaurations, mais plus qualitatifs (dont des tacos renversants). Ces petites modifications renforcent l’aspect familial et fluidifient les déplacements.
Ce qu’il ne perd pas et qui fait son charme est qu’il n’est pas rare de rencontrer une famille avec une poussette ou d’entendre les souvenirs associés à déjà 16 ans d’existence. En une phrase, on se sent comme à la maison. Seule ombre au tableau, mais où est donc passé le jingle des Hives nous annonçant le début du prochain concert (remplacé par une texture sonore angoissante).
Wilco, son alt folk, son Tweedy et son guitare héro
Six mois après son unique concert solo en Suisse dans le cadre du festival Antigel, c’est au tour de Nox Orae de faire venir Jeff Tweedy et son groupe Wilco pour leur unique concert d’été en suisse. Et au vu du public très nombreux, ce concert était un événement et quelle classe !
Dans un style alt folk rappelant faussement les Beach Boys ou Pet Shop Boys ,le groupe de Chicago propose une musique dans son jus et d’une fausse simplicité. Commençant souvent sur des bases pop, leurs titres trouvent rapidement une ampleur sonore et qualitative portée par un band expérimenté, mais surtout le charisme de Tweedy et la présence du virtuose Nels Cline à la guitare.
Cette douceur folk toujours agrémentée de texture et d’une touche plus moderne peut se résumer à travers le titre Via Chicago. Sous des allures d’un titre folk calme, surgit d’un coup des saturations de guitares et des explosions de cymbales tandis que Tweedy continue son chant comme si de rien n’était. Un concert de Wilco est comme un voyage onirique dont on connaît le trajet, mais dont la destination est inconnue. On se surprend à taper des pieds sur Handshake Drugs, à admirer les solos de guitare de Nels Clines sur Impossible Germany, titre d’une beauté captivante ou encore à fredonner sur Jesus, Etc. sans même savoir que l’on connaissait les paroles.
Le retour du gothique made in UK de Dog Race
Tenu de chauffer le public avant la venue de Wilco, les jeunes Londonien-nes de Dog Race ont proposé une version modernisée d’un style gothique fantomatique et lyrique façon 80’ plus ou moins disparu ces dernières années. Sans album, mais avec un solide EP, le groupe a pu rappeler aux plus âgé-es les froides soirées d’automne dans une cave de squat ou sur une scène à demi improvisée.
Après des débuts timide, le groupe et sa chanteuse vont vite entraîner le public dans un sprint qui ne fera que s’accélérer par des ajouts bienvenus de son plus post-punk apportant un vent de modernité au set plus synthétique. Seul regret, le groupe n’ayant pas encore d’album, le set ne dura que 40’ de quoi laisser le public sur sa faim, mais de quoi garder un œil sur les futures compositions du quatuor britannique.

La Suisse plus qu’à l’honneur en ouverture et fermeture
Les deux groupes suisses de la soirée n’ont rien en commun si ce n’est la qualité de leurs compositions. D’un côté, Glaascats décrit comme de l’indie rock, mais tournant vers une sorte de new grunge a ouvert la soirée. Le groupe a posé l’ambiance de la soirée par la diversité des titres tantôt surjouant de la reverb puis de gros riffs plus post punk, les voix du chanteur et de la chanteuse se complètent à merveille accompagnées par une batterie à l’énergie déconcertante et d’une précision digne d’un-e horloger-ère suisse.
On applaudira le merchandising du groupe composé de produit de seconde main sérigraphié. Des modèles uniques et écologiques.
De l’autre côté, chargé de clore la soirée et le festival, Wolfer et son son plus stoner et bruitiste ont réussi haut la main le challenge. Direct et brutal, le groupe à su amener la touche pogo qu’il manquait à la soirée. Qu’une seule chose à dire “Take a Walk”.
S’il fallait tenter de formuler de manière littéraire comment était cette soirée. Il suffirait d’utiliser la description de Wilco proposé par le festival lui-même : « La dernière nuit est la plus grande. Elle commence dans l’ombre et le brouillard, traverse le noise et l’angoisse, puis Wilco arrive et tout devient clair. Du lac Michigan à Chicago au bord du Léman. Une fin de festival qui ressemble à une conclusion de roman. Prévisible et inattendue à la fois. On a qu’une envie, que la suite du chapitre sorte le 26, 27 et 28 août 2027.






