
Un brin de nostalgie, de la fatigue, mais surtout, surtout des souvenirs plein la tête : le point (final) sur ce vint-cinquième anniversaire de Festi’neuch.
En arrière-plan, les monts blancs étaient éclairés d’une fine couche rosée. Le ciel était d’un bleu bleuet, habité d’un quintet de nuages grisonnants. Quant au lac, les eaux ne connaissaient que le calme et la douceur d’une fin de journée. Les festivalier·ères ont quitté la Place Rouge des étoiles plein les yeux.
Bilan général
« Un symbole de sérénité… c’est comme si on avait laissé le festival là où il s’était arrêté l’année dernière ».
Antonin Rousseau, directeur et programmateur
Ces paroles faisaient référence au brutal dimanche vécu l’an dernier pour cause d’une météo tumultueuse. Le goût amer et douloureux laissé par cette journée dans la mémoire de la famille du Festi’neuch s’est vu envoler, grâce aux enseignements tirés et à la prévention faite autour de cet évènement.
Comme dirait le programmateur : « une joie lucide a pu être cultivée » où « les émotions ont circulé sans débordement ». Chaque personne présente a planté sa graine pour donner naissance à une atmosphère réchauffant les cœurs. Toute cette alégresse a été possible grâce au 60’000 fétard·es.
Cela a d’ailleurs valu à la manifestation d’être sold-out avant même l’ouverture des portes, et ce depuis 2019.
Bilan musical
Des larmes, des rires, des hurlements et des paroles chantées à tue-tête : que du bonheur en fin de compte.
Peut-être l’un des shows les plus émouvants de ce week-end – Teddy Bear. Des visages remplis de larmes, car parfois, il est simplement question de tout laisser sortir sans peine et sans gêne. C’était également le premier concert du chanteur en Suisse et ses débuts en festival. Un succès pour le Belge.
Dans un tout autre registre, Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor ont littéralement mis le feu sur scène en mêlant rap, techno, psytrance, gabber ou de la drum’n’bass. La foule était dans un état total de déchaînement et de transe, comme si la musique jouée prenait possession du public. C’était le rendez-vous cardio du vendredi soir.
Avec Théa, la Marée n’aura jamais été aussi pleine de gens. Un nom qui fait parler sur une si petite scène, bizarre non ? Et pourtant, pas tant que ça. Cette décision n’a pas été prise au hasard, mais pour une excellente raison : une voie d’accès facilité pour partager un moment intimiste auprès d’une tête d’affiche.
Accompagnée de son clavier, d’un batteur et d’une guitariste, Miki s’est fait sentir extrêmement proche de son public. Une réelle envie de rassembler les gens a pu être remarquée. Par sa façon d’être sur scène, l’artiste à la personnalité marquante et attachante a réussi le pari de faire danser et courir la foule avec son tout premier album aux allures pop-électro.
Les enjeux politiques étant plus qu’importants ces dernières années, c’est aussi le retour logique et percuteur des GarageBands. Ils se revendiquent très souvent comme grands défenseurs de causes en tous genres, comme avec le groupe Clebs. Sous un style musical différent et avec énormément d’émoi, le trio Kneecap a tout aussi fait entendre sa voix sur des thématiques liés aux injustices et à la protection des peuples persécutés.
Le dimanche, impossible de passer à côté de la star française des années 2000 : Lorie. Des souvenirs, des rêves, mais c’est tout particulièrement la nostalgie qui s’est imposée durant ce concert. Tous les âges se sont laissés porter par le passé de la musique pop francophone. Deux fans ont pu vivre l’expérience d’une vie qui était d’être sur scène avec la chanteuse qui se produisait pour la première fois de sa carrière en pleine air.
Afin de conclure cette synthèse artistique, il est essentiel de parler des trois mastodontes que sont : Jean-Louis Aubert, Vanessa Paradis et Gaël Faye. Chacun leur tour les artistes ont levé le public avec leur chanson et leur énergie. Des refrains appris sur le bout des doigts pour le premier, la découverte d’un nouvel album pour l’une et la puissance des mots venant d’un poète pour l’autre. Les trois noms étaient particulièrement attendus.
Les Jeunes-Rives se sont réunies pour une édition sous les bannières du rassemblement et de la fédération entre festivalier·ères et artistes venu·es muni·es de leur art. Pour citer Monsieur Rousseau : « C’était comme si les stars étaient dans le jardin des gens ». Et n’oublions pas que tous ces moments vécus n’auraient pas été possible sans les 2000 bénévoles présent·es et l’entièreté du staff !





