
Le weekend dernier a eu lieu le JVAL Openair pour trois soirs de découvertes musicales. Chacune a eu droit à son atmosphère de prédilection. Par exemple vendredi, la scène britannique était à l’honneur avec Deadletter et Honeyglaze. Le duo suisse Parker Leftover a ouvert la soirée.
C’est toujours un bonheur de retourner au JVAL chaque année, pour ce rendez-vous devenu incontournable. Juché sur les flancs du Jura, au milieu des vignes et surplombant le Léman, le festival offre un panorama unique pour profiter d’une programmation pointue qui réussit toujours à séduire le grand public. Même sous la pluie, c’était le meilleur plan du weekend.
Le JVAL, c’est génial
Le festival a toujours cherché à faire découvrir de nouvelles pépites à son public, et, cette année encore, le pari est réussi. La relève était assurée musicalement mais également au sein de l’équipe, qui a été renouvelée. C’est la deuxième année des deux programmateur·ices et une bonne partie de l’équipe a changé cette année. Le JVAL a pourtant su garder son âme originelle, avec un public très divers : des habitant·es du village, des jeunes de la région, des familles, des groupes d’ami·es, mais aussi des professionnel·les à la recherche de nouvelles têtes.
L’ancrage local est assuré avec des musicien·nes suisses, mais aussi à travers le graphisme de l’affiche qui a été fait par une bénévole présente depuis plusieurs années dans l’équipe. Côté stands, on retrouve une friperie nyonnaise, le restaurant coréen Chez Kim, installé à Morges, mais aussi, comme à son habitude, le lard de Begnins, la raclette et les vins du domaine.

Parker Leftover, un voyage dans le temps doux et mystérieux
Dès ce premier concert, le public a été embarqué dans le voyage mélancolique et rêveur de ce duo suisse-allemand/romand basé entre Vevey et Bienne. Les deux musicien-nes sont d’ailleurs autant pluridisciplinaire dans leur musique oscillant chacun-e entre basse ou guitare et voix ou boîte à rythme.
Le duo ouvre la soirée avec un slow disco aux sonorités tantôt cold wave, tantôt plus dansantes, accompagné de douces touches de synthé très eighties. Leur musique vintage et nostalgique reste pourtant très actuelle, aussi bien par les thématiques abordées que par la revisite de ces sonorités, auxquelles s’ajoutent des passages plus minimalistes et quelques touches pop.

Un de leurs morceaux plus bossa nova a fait danser le public, ce qui a donné l’idée à la musicienne Nikita Thévoz de faire un album plus bossa dans le futur. Ils ont ensuite terminé leur set sur trois morceaux fun et chaotiques (selon leurs propres dires) qui laissent le public entraîné et amusé, en attendant la suite très attendue.
Honeyglaze, entre douceur et énergie brute
Le trio originaire du sud de Londres, est lui aussi difficile à classer. C’est d’ailleurs ce qui caractérise le JVAL : sa programmation n’entre pas dans les étiquettes établies. Entre indie rock, doux post-punk, et alternative rock, Honeyglaze évolue dans un univers qui rappelle parfois English Teacher en un peu plus punchy.
La chanteuse Anouska Sokolow possède une voix très percutante à la fois douce et puissante, qui se marie parfaitement avec ses riffs de guitare, la batterie énergique de Yuri Shibuichi et la basse très habile de Tim Curtis.

Ce groupe de la nouvelle scène britannique se distingue par sa simplicité, trois musicien-nes, très peu d’effets sonores, mais une voix très profonde et un instrumental soigné. Certaines de leurs musiques sont très mélodiques d’autres plus parlées, on a pu apercevoir la versatilité du groupe.
Leur musique sensible, intense et imprévisible, où se croisent énergie indie, textures expérimentales et émotions à vif. Après un début plus explosif, le groupe enchaîne avec des musiques plus douces et mélancoliques. Cette atmosphère se prête parfaitement au paysage environnant, avec sa vue imprenable sur le coucher du soleil. La chanteuse clame d’ailleurs entre deux morceaux avec son accent anglais “J’adore la Suisse, j’adore le lac et j’adore JVAL”, qui résume bien l’ambiance.
La tension monte d’un cran avec Deadletter
Un sextet formé d’amis de longue date, originaires du Yorkshire, propose un post-punk envoûtant qui, dès le début, immerge le public dans son univers. Le chanteur entre dans la foule dès la première chanson. Sa voix grave et profonde submerge les milliers de spectateurs-trices du JVAL, tout comme le jeu des autres membres du groupe.

Ce qui fait l’originalité de ce groupe c’est la présence du saxophone, qui ajoute une touche jazzy et presque surréaliste à leur post-punk. Les six membres du groupe, deux guitares, une basse, un chanteur, un batteur et un saxophoniste/percussionniste, s’accordent parfaitement pour livrer les morceaux riches et prenants, de son dernier album, Existence Is Bliss.
L’atmosphère sombre et envoûtante du groupe montre une très bonne maîtrise du build-up. Ce qui rend d’autant plus jouissif le drop qui suit. Cette fois-ci, le concert se déroule dans la nuit totale, après un orage, avec des lumières rouges sur scène. L’intensité du live est encore renforcée par ce décor presque cinématographique et cette ambiance électrique.

Le hasard fait bien les choses : la météo et les concerts se sont parfaitement accordés, entre l’intensité des sons saturés du post-punk et de la darkwave et la sombreur des nuages, mais aussi les rayons de soleil qui viennent parfois pointer le bout de leur nez, en écho à la douceur et à la mélancolie de l’indie rock.
Le JVAL nous prouve encore une fois que le cadre est presque aussi important que la musique dans un festival. La programmation est toujours d’une grande qualité, mais on salue aussi ce lieu magnifique qui fait toute l’originalité du festival. L’ensemble donne surtout une bonne raison de revenir chaque année.







