© Antoine Andreani

Dans un Lab fraîchement rénové, le duo australien a touché la corde sensible du public montreusien. Comment ? En proposant un condensé de leurs plus beaux morceaux, sans perdre l’authenticité qui fait leur renommée. 


Avec seulement cinq minutes de retard sur le programme, la fratrie n’a pas fait attendre son public au moment d’entamer Losing You. On remarque vite que la soirée sera un petit bonbon sucré à mâcher, tant la sonorité est parfaite: c’est bien dosé, de sorte à ce que les solos de guitare ne prennent pas le dessus et se fondent dans la masse. Car les protagonistes du soir sont évidement Angus et Julia, ces deux « amis » de la même famille, qui tirent sur la même corde depuis les débuts de leur carrière. 20 ans déjà…

Une complicité totale

C’est sur eux que la lumière est mise, d’abord par leur complicité vocale, puis lorsque Julia se détourne de la guitare pour apprécier un solo de trompette, ou un accompagnement à l’harmonica sur certains morceaux. La spontanéité, c’est donc elle. Et la solidité, c’est lui : Angus. Lunettes vissées sur le visage, Dope Lemon (son nom de scène en solo) passera sans flancher d’une acoustique à sa Fender telecaster, en gardant toujours la cadence, le rythme. Ils sont chacun aussi bons qu’un fruit cueilli dans un arbre. 

Derrière le groupe, des petits points lumineux s’allument dès la deuxième chanson, Nothing Else. C’est à s’y méprendre avec le décor des sessions enregistrées dans les studios de la radio KEXP à Seattle. Iconique, et voyageur. 

© Antoine Andreani

Évasion et sincérité chez les Stone

En tous les cas, cet environnement fonctionne très bien avec la direction sonore (et artistique) que prône le groupe : l’évasion, et la sincérité du moment qui furent parfois marquants. Il y a ce nouveau (et magnifique) titre à paraître prochainement et qui s’élève grâce à la puissance des backing vocals derrière la voix d’Angus. Il y a ces déclarations anodines, finalement attristantes, d’une Julia Stone qui écrit sur ses amours déchus qu’elle essaie de récupérer. Mais au moins, dira-t-elle : « I love singing about love ».

Viendront Big Jet Plan, pour un succès plein, puis l’enthousiasmante Chateau parmi les points culminants du concert avant qu’un rappel embarque sur Santa Monica Dream, où seuls deux guitares se confondront au milieu de deux sourires : ceux d’un frère et d’une soeur qui ne se lassent pas de partager la scène. 

© Antoine Andreani

Dove Ellis ouvre magnifiquement la soirée 

À la croisée des chemins entre Bon Iver et Ben Howard, Dove Ellis a montré samedi de multiples talents, qui ont pu être découverts sur place pour les fans de Angus & Julia Stone, ou en avance sur l’excellent Blizzard. Cet album, qui joue avec les frontières du fantastique, à l’image d’une fable musicale, se dilue dans l’esprit comme un thé dans l’eau chaude. On s’y plonge, et y replonge même au point de ne retrouver sa respiration. Car les compositions sont surprenantes, et tiennent en haleine. Elles amènent vers un chemin, puis un autre : le live est similaire.

© Antoine Andreani

Au détour d’un moment calme, une tempête survient. Il y a ces effets sonores sur le hautbois, comme s’il remplaçait une guitare branchée sur une pédale. Il y a cette tessiture vocale exceptionnelle, qui masque presque le fait que Dove Ellis joue aussi de la basse, de la guitare ou encore du piano. L’Anglais a mis tout le monde d’accord sur sa voix, comme sur Dodoodoo où des effluves de Freddy Mercury ressortaient.

Une fort belle surprise, malgré une première (et longue) chanson, The Royal Brown Hole, très (trop?) mystérieuse pour accrocher d’emblée dans son univers. Mais le voyage en valait la peine. Car dès la suivante, Pale Song, c’était splendide. Un artiste à suivre de (très) près…

Découvrez d’autres images de la soirée