© Sebastian Costa – Festi’neuch

Le rendez-vous annuel de Festi’Neuch est attendu avec impatience, marquant le commencement des festivals d’été, le tout au bord du lac avec une belle programmation. Revue du jour 2, aux côtés notamment d’Adèle Castillon, Bamby, Odezenne et le trio Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor.




Adèle Castillon, intime et festive

La soirée s’est ouverte avec Adèle Castillon, l’une des figures montantes de la pop française. Révélée il y a quelques années sur YouTube, l’artiste a su s’imposer dans le paysage musical grâce à une identité affirmée et des chansons mêlant mélancolie et disco pop.

Son entrée sur scène au son de Roi, titre emblématique de son ancien duo Vidéoclub, a immédiatement suscité l’enthousiasme du public. Tout au long du concert, la chanteuse a alterné entre moments intimistes et séquences plus festives. À la surprise générale, elle s’est même installée derrière les platines pour lancer « Freed From Desire ». Si ce clin d’œil inattendu pouvait sembler déconnecté du reste du set, il a néanmoins atteint son objectif : ambiancer et faire chanter la foule.

La température monte avec Bamby

La soirée continue avec l’artiste guyanaise, figure emblématique de la nouvelle scène antillaise. La chanteuse est venue défendre son album Muse sorti en 2025 avec des textes mélangeant français, anglais, créole guyanais et patoi caribéen. 

Accompagnée d’un DJ et de quatre danseurs et danseuses, elle a rapidement pris possession de la scène avec son mélange reggae/dancehall. Surnommée la « Bad Gal », elle a su réveiller un public encore un peu timide au début de son set. Petit à petit, la température est montée jusqu’à un final complètement explosif, où une bonne partie de la foule s’est retrouvée sur scène. Un moment de partage total, qui a littéralement fait monter le thermomètre du festival. Une artiste à suivre de près.

Odezenne, toujours au rendez-vous

Le trio bordelais Odezenne a pris le relais avec sa pop-rap aux sonorités électro. Portée par une scénographie soignée et un travail de lumières particulièrement réussi, la performance a su créer une atmosphère immersive en parfaite adéquation avec l’univers du groupe.

Après plus de vingt ans de carrière, Odezenne continue de fédérer un public fidèle, qui reprenait en chœur de nombreux titres. Alix Caillet et Jacques Cormary, les deux chanteurs, ont enchaîné les morceaux avec aisance, alternant entre les incontournables de leur répertoire et plusieurs titres issus de leur dernier album, Doula, confirmant la solidité scénique et la longévité du groupe.

© Lisa Bertoldi – Festi’neuch

Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor mettent l’ambiance

S’il y a bien un concert qui a enflammé la grande scène de Festi’Neuch, c’est celui de ce trio improbable. Entre les effets pyrotechniques, les basses surpuissantes et une foule en ébullition, l’ambiance est montée d’un cran dès les premiers morceaux. Les sonorités techno, psytrance et drum’n’bass ont porté le public tout au long du set, tandis que les pogos se sont multipliés dans la fosse.

Les trois artistes défendaient Pandémonium Reloaded, une relecture du dernier album de Vald imaginée par Vladimir Cauchemar et Todiefor. Sans trahir l’ADN rap du projet original, les deux producteurs y ont injecté leur univers électronique, donnant naissance à une version plus radicale et taillée pour la scène. Le concert s’est aussi distingué par son esthétique particulièrement soignée, entre le masque emblématique de Vladimir Cauchemar et des visuels démoniaques qui renforçaient l’immersion.

© Sébastian Costa – Festi’neuch

Sur la fin, Vald a interprété Journal perso II, accompagné de Vladimir Cauchemar au piano. Une parenthèse plus calme au milieu de l’intensité générale, qui s’est révélée étonnamment juste et cohérente avec le reste du spectacle.

Une deuxième soirée de Festi’Neuch marquée par des univers très différents. L’énergie a pu monter progressivement au fil des concerts mais est retombée après le concert de Vald, difficile de passer après eux.