© Mathilde Veuthey – Affiche Piz Palü 2026

Le Piz Palü Festival avait bien manqué à l’été genevois. De retour ce week-end à la Butte de Plan-les-Ouates, l’événement associatif montre une énergie renouvelée, portée par une scénographie artisanale magnifique et une affiche audacieuse. Retour sur une première soirée particulièrement réussie.


© Victor Perrin pour LastNite.ch

Deux scènes en alternance, une esthétique faite maison qui inspire la créativité et une affiche bien affûtée : la première soirée du Piz Palü à la Butte de Plan-les-Ouates a tenu toutes ses promesses.

Dès l’entrée, toute la décoration et la scénographie impressionnent par leur créativité et le soin apporté aux détails. Des méduses suspendues qui semblent flotter dans les airs, des jeux de miroir, des panneaux en bois travaillés, le site respire une poésie brute. Mention spéciale pour la lumière tamisée qui accompagne le festival partout Ni trop grand, ni trop petit, l’espace permet aux festivaliers de voguer naturellement d’une scène à l’autre ou de simplement se poser sur la butte pour observer le monde.

Nos 4 coups de cœur de la soirée

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Variée mais exigeante, la programmation a fait défiler de superbes projets. Elle confirme aussi l’une des plus belles particularités du Piz Palü : faire le pont entre la scène suisse-allemande et la scène francophone. Une passerelle culturelle qui manque cruellement en Romandie. Sur les deux scènes du festival, quatre lives ont particulièrement retenu notre attention et marqué la soirée.

Dino Brandão: un live simple et touchant

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Entre folk, élans électroniques et sonorités nourries de ses racines angolaises, la musique de Dino Brandão touche droit au cœur, qu’il chante en anglais, en portugais ou en schwyzerdütsch.

Pour prolonger la découverte de sa trajectoire passionnante, on ne peut que conseiller le captivant documentaire I love you I leave you de Moris Freiburghaus, qui explore la bipolarité de l’artiste. On retrouve cette sincérité sans filtre sur scène : accompagnés de deux musiciens multi-instrumentistes jonglant entre contrebasse, claviers et batterie, ils prennent le temps d’installer de longues introductions atmosphériques.

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Vocalement, l’amplitude impressionne, explorant des graves très bas avant de remonter avec aisance dans les aigus. L’attitude reste simple et décontractée, tissant une connexion authentique avec le public. Une proximité incarnée jusqu’à la fin du set, où l’artiste s’est offert un final sur de la techno faite maison en venant danser au beau milieu de la foule.

Discovery Zone : le coup de cœur de la soirée

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Programmée sur la petite scène, Discovery Zone s’impose comme le coup de cœur incontournable de la soirée. L’artiste basée à Berlin a délivré un set ambient et suspendu, porté par les fréquences captivantes d’un thérémine et sa voix aérienne. Côté visuel, le pari est tout aussi réussi : le travail de VJing projeté sur un support translucide s’intégrait à la perfection dans la scénographie globale de la scène. Une performance immersive, précise et d’une grande élégance.

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viragezero : textures et longues progressions

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viragezero a largement dépassé toutes les attentes. Malgré une posture bien perchée et des interventions scéniques un brin étranges, le rendu musical s’est avéré être un régal absolu. À cinq sur plateau avec une armada d’instruments (violon électrique, basse, guitare, platines DJ et synthétiseurs), la formation façonne un genre hybride que l’on pourrait qualifier de post-rock électronique.

Le groupe bâtit de longs morceaux ultra-texturés, créant des pièces enveloppantes et irrésistiblement dansants. L’ensemble lorgne parfois vers la musique de jeu vidéo, s’aventure parfois du côté de l’acid et repose sur des lignes de basse ultra groovy. Une prestation mémorable qui donne une envie folle d’être déjà au 2 octobre pour la sortie de leur premier album.

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Owelle : live analogique au cœur du public

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Installée en immersion au milieu du public face à la grande scène, Owelle a habité le site avec une proposition axée sur le grain et la matière. Entourée de machines analogiques, l’artiste manipule la matière sonore en direct pour offrir une expérimentation électronique captivante à 360°. Une liberté totale qui se ressent dans chacune de ses tracks, jonglant entre l’intégration fine des codes de la techno et de pures expérimentations. Un live physique et généreux qui a embarqué la foule dans son univers jusqu’au bout de la nuit.

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Un démarrage solide qui prouve qu’une ligne artistique claire et un engagement associatif suffisent à créer une atmosphère unique. Le deuxième soir verra à l’affiche Ditz, Nonante et Orphia, à ne pas rater !

Piz Palü Festival, du 14 au 16 août 2026, Butte de Plan les Ouates. Informations et billeterie ici.

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