Sienna Spiro © Antoine Andreani

Cette quatrième soirée au LAB a été une véritable effusion de sens et d’émotions. D’une part, il y a eu un véritable enchantement des cœurs et, pour d’autres, des secousses électriques ressenties au niveau de certaines parties du corps.


SIENNA SPIRO… un article ne suffirait pas

Toutes les lettres de notre alphabet ne réussiraient pas à former assez de mots pour dépeindre le portrait de cette jeune artiste anglaise. Elle parle à l’âme des gens qui l’écoutent et la regardent, comme si l’organe servant de pompe se laissait transpercer par ses paroles. C’est le paroxysme de tout ce qu’un humain peut contenir en lui.

© Antoine Andreani

L’autrice britannique a plusieurs grandes figures musicales de références faisant vibrer son répertoire. Des modèles tels que Dinah Washington pour le blues des années 40, il y a aussi des renvois à Frank Sinatra, Nina Simone et Etta James quant au Jazz et à la Soul. Une pensée pour Amy Winehouse se fait également ressentir. Des similitudes existent pour la production de sa musique, mais également pour son timbre de voix grave et dramatique. Cela s’ajoute à l’image artistique que Sienna projette sur scène : une ambiance intimiste, une personnalité qui évoque un vent frais en pleine chaleur caressant avec douceur le visage.

Des étoiles plein les yeux

Pour que ce spectacle puisse prendre vie,l’interprète de CYANIDE nous a gratifiés de la présence d’un véritable orchestre : un trio de vents, un guitariste, un contrebassiste, un pianiste et, pour clôturer ce septuor, un batteur. 

© Antoine Andreani

Le thème de ce concert était porté sur son dernier album, sorti le 3 juillet dernier, et qui, d’ailleurs, n’avait connu aucune représentation avant cette date. Elle a aussi partagé avec le public que cette venue en Suisse était un passage de rêve en tant qu’artiste et également pour une autre raison : il y a 50 ans, l’imprenable Nina Simone s’était produite lors d’une soirée à la même date que son nouveau projet Visitor. Le festival a été l’heureux élu de cette première fois des plus uniques.

Le ton a été donné d’emblée avec le morceau The Visitor, évoquant le fait d’être une simple visiteuse dans les situations de tous les jours, que ce soit dans les relations amicales, amoureuses ou même au travail. Quand on l’écoute, on pourrait penser à une chanson d’amour ; pourtant, c’est bien plus que cela. Nous avons eu le plaisir d’entendre Time, You & Me qui peut laisser penser que le temps n’attend pas et qu’il est important de vivre et d’avancer, car souhaiter ce qui a été donné durant le passé ne nous reviendra pas. Son single phare Die On The Hill a été proposépour clore sa prestation.

Comme a écrit SIENNA SPIRO : “You take my life just for the thrill”. C’est une parfaite synthèse de ce récital.

Virage à 180° avec KWN 

© Antoine Andreani

C’est une exclusivité suisse aux allures très osées et explicites que Montreux nous a concoctée avec KWN. C’est un mélange de R&B, de soul et de trap ; néanmoins, la Londonienne ne se me met pas de limite et préfère explorer plusieurs genres pour trouver ce qui lui convient le mieux au niveau artistique.

C’est une discographie très légère dans tous les sens du terme, qui avec un peu d’imagination peut donner naissance à des scénarios très explicites comme le titre chanté do what i say qui explique de manière des plus directes que la personne en sa présence fera ce qu’elle lui dira tout en restant à l’écoute de l’autre. D’autres titres comme good girl et stand on it se sont fait entendre. Toujours dans un registre extrêmement percutant.

L’artiste queer a elle-même fait part, durant le show, que les sujets abordés dans ses musiques étaient clairs, nets et précis. Sans détour, droit au lit.

Outre cet aspect sensuel et cru, les mélodies créées sont faites pour être murmurées à l’oreille de celui ou celle qui les écoute. Comme si les sons étaient des vagues qui berçaient calmement un corps.

© Antoine Andreani