© Paléo 2023 – Ludwig Wallendorff

Grandiose, passionné, passionnant, intense, la seconde soirée de Paléo est une réussite. Retour sur un mercredi soir tout en contrastes.



Avant même d’arriver dans l’enceinte du festival, en marchant sur cette route qui nous amène à l’entrée, on entend les basses rugir, les voix étouffées par la distance et les cris du public. Les frissons montent. L’excitation est à son comble.

On entre par cette entrée magistrale. Tels des chevaux de course libérés des starting blocks par ce coup de feu imaginaire. Nous voilà sur le champ de course, il ne nous reste donc plus qu’à avancer, et à vivre ce moment.

Des démonstrations féminines

Sur la magistrale Grande scène, KT Gorique, dont le nom évoque une certaine intensité, a mis le feu au public. La rappeuse a occupé l’espace comme s’il lui était familier depuis toujours. Son énergie démesurée, concentrée dans un corps dansant, chantant, vêtu de blanc, a créé une ambiance électrique et intense dans la foule. Des sujets engagés que la jeune femme porte dans ses mouvements et ses mots. Un concert parfait pour donner de l’énergie et préparer le long marathon qu’était cette soirée.

KT Gorique Paleo 2023 Mercredi
©Paleo 2023 – Thea Moser

Une femme d’un tout autre genre a succédé KT Gorique, cette fois sur la belle scène Véga, dans les hauteurs du festival. Pomme nous a offert une pause poétique, douce et joyeuse, dans les lueurs des derniers rayons du soleil de la journée. Une Pomme entourée de champignons. Une très belle femme à la voix enivrante, accompagnée d’un groupe de musiciennes et d’un musicien. De ce concert, nous retiendrons cette magnifique énergie qu’il transmettait, mais aussi la présence d’une batteuse. Et oui, chers lecteurs, on en voit si peu que nous avons dû vérifier si on disait bien batteuse et non “battrice”. Devons-nous en avoir honte de nous être posé la question ?

Pomme Paleo 2023 Mercredi
©Paleo 2023 – Laurent Reichenbach

Rosalía, tête d’affiche sûre d’elle

Rosalía a clôturé la programmation de la Grande Scène avec une mise en scène d’un autre genre. Si nous avons l’habitude de voir les chanteurs et chanteuses interagir avec le public, nous sommes moins accoutumés à ce que ces moments soient filmés avec un téléphone, tenu par l’artiste, qui passe de main à main pour partager son micro et créer des duos insolites, imprévus et éphémères. C’est ce nouveau genre de mise en scène que propose l’artiste espagnole. Notre monde évolue et Rosalia s’en est bien accommodée puisque tout le concert s’est passé en caméra embarquée, comme dans un clip. Une sensation de distance qui est déjà présente de par la taille de la Grande Scène.

Néanmoins, cette distance n’a pas semblé gêner le public. Celui-ci chantait en effet à tue tête dans un espagnol plus ou moins approximatif les paroles de la jeune femme. Un concert qui a plus tant au très jeune public présent en grand nombre, qu’à un public plus averti venant découvrir l’artiste sur scène.

Une pause de vie avec Sigur Rós

De cette soirée du mercredi, nous retiendrons un concert fou. Fou tant par les jeux de lumières, que par la présence du chanteur si singulier que par ces paroles incompréhensibles par le plus grand nombre car en islandais.

Le public était assez clairsemé ce qui nous a permis de nous coucher dans l’herbe et d’apprécier cette démonstration musicale époustouflante. Le chanteur tout d’abord, a la voix cristalline, joue de sa guitare avec un archet. C’est ensuite en voyant les cordes de cet archet rompues, sur les grands écrans, que nous mesurons avec quelle intensité le chanteur vit sur scène. Un concert particulier, hors du temps. Des chansons que je conseille d’aller écouter.

Un seul petit point critique. En parallèle se produisait Canelle Doublekick sur la scène Belleville, qui offrait une techno presque hardcore, qui pouvait s’entendre en fond. Un contraste étonnant.

© Paléo 2023 – Ludwig Wallendorff

L’édition 2023 du Paléo Festival de Nyon se poursuit jusqu’au dimanche 23 juillet 2023. Pour plus d’informations, c’est par ici.